Festival Ciné Junior : Édition 2003
de Jilani Saadi

Fiction / Tunisie, France, Belgique / 2002 / 100 min / VOSTF

Khorma, le simplet de la ville, gagne sa vie à annoncer les morts comme les mariages. C’est en chantant et en priant qu’il se procure un peu de nourriture. Il dort à même le sol auprès de Bou Khaleb, un " hadj " (un saint homme) tout aussi misérable que lui et qui lui sert de père. Un jour un drame arrive : Bou Khaled annonce la mort d’une femme toujours vivante. De cette infortune, Khorma va faire sa revanche. Il va peu à peu prendre le pouvoir et s’attirer la sympathie de la communauté notamment celle des gens de peu. Mais sa nature sensuelle et sa liberté de parole - il attaque l’économie des nantis et leurs acquis frauduleux - lui attire la haine des hommes de la ville.

Khorma c’est le corps ridiculisé, bafoué, frappé et violé de tout un pays, une immense douleur criarde et pathétique. Il y a du Fellini dans ce colosse au bord des larmes à l’écoute d’un chant d’amour. Le cinéaste a su utiliser des éléments naturalistes au sein d’une fiction (la plupart des comédiens et figurants jouent leurs propres rôles. Des acteurs issus du théâtre comme pour Med Graya qui, interprétant Khorma, joue pour la première fois au cinéma). Le cinéma arabe, avec Youssef Chahine entre autres, nous a fait ressentir toute la douleur du monde dans son utilisation du chant (que ce soit avec Farid El Atrache ou plus récemment avec "Le Destin").

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