Un Festival Jeune Public en Palestine : Que peut le cinéma ?

La situation de la Bande de Gaza et des territoires palestiniens

La bande de Gaza, 1,4 million d’habitants, dans une zone de 360 Km2…. Complètement coupée de la Cisjordanie et d’Israël, Gaza a subi le plus gros des assauts militaires israéliens qui n’ont pas cessé depuis 6 ans, malgré le démantèlement des colonies juives et le retrait israélien de ces territoires en août 2005.
Voici le constat que dressait M. de Soto, coordinateur spécial de l’ONU pour le processus de paix au Proche-Orient, lors d’un débat sur la région au Conseil de sécurité.
« La violence persistante à Gaza et dans le sud d’Israël continue de tuer, blesser et mettre en danger les civils », « Les institutions palestiniennes continuent de se dégrader et les souffrances de la population s’accroissent, en particulier à Gaza », (...) « L’addition du quasi-blocus de la bande de Gaza, du non-paiement des salaires du secteur public, de l’absence de loi et d’ordre (...) de la poursuite des frappes militaires aériennes et terrestres et de l’absence apparente de tout horizon politique constitue un cocktail vraiment explosif, aussi dangereux potentiellement pour Israël qu’il l’est actuellement pour les Palestiniens », a-t-il ajouté.

Gaza est donc plus que jamais une « prison à ciel ouvert » dominée par les représentations du martyr.
Voici la description qu’en font Jérome Equer et Hervé Kempf dans leur livre Gaza, La vie en cage (1) .

« Si l’univers sonore de la bande de Gaza est d’une richesse rare, son univers visuel est en revanche limité, voire obsédant. La rue ne présente quasiment qu’un seul type d’images : les portraits des martyrs morts en combattant. A tous les grands carrefours ou sur les places, on voit ainsi, sur des portiques de fers à un ou deux mètres de hauteur, les visages de jeunes hommes à l’air décidé, tenant une mitraillette ou un lance-roquettes, sur fond de colonie israélienne attaquée ou de mosquée Al Aqsa - la grande mosquée de Jérusalem qui est pour le peuple palestinien le symbole de sa liberté à venir. Presque pas de publicité, pas de magazines, peu de livres : il reste au Gaziote en soif d’images à regarder la télévision. »

Ce constat est également vrai pour tous les territoires Palestiniens. Et la télévision n’élargit pas cet univers visuel…Avec l’omniprésence du petit écran, allumé dans les magasins et dans les foyers, les images du conflit envahissent le quotidien. Les informations, que les habitants doivent nécessairement suivre pour s’adapter à une situation qui peut évoluer très rapidement, maintiennent un état de tension permanent.

1. Jérome Equer, Hervé Kempf, Gaza, la vie en cage, ed.du Seuil, 2005.

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