Un Festival Jeune Public en Palestine : Que peut le cinéma ?

La situation des enfants palestiniens

Le conflit et les tensions permanents marquent considérablement la réalité quotidienne et la structuration psychique des enfants. Dans son article « de la difficulté d’être un enfant à Gaza », la psychologue Sylvie Mansour (2) s’arrête sur ce phénomène nouveau qui interpelle de plus en plus la société palestinienne : « l’enfant qui joue semble avoir du mal à mettre en scène des projets d’avenir, ses héros identificatoires sont de plus en plus des personnages morts, et « mourir en martyr » apparaît comme un thème mobilisateur de ses jeux et rêveries.
Le psychiatre Eyad al-Sarraj, estime ainsi que 24 % des enfants gaziotes aspirent à mourir en martyrs.

Voici la réalité des enfants telle que la décrit Sylvie Mansour dans son article :
« Les récréations sont réduites au minimum, et pour cause : la plupart des écoles fonctionnent en double roulement ; il faut donc utiliser le temps du mieux possible pour couvrir le programme. Pas question de prendre vraiment le temps de jouer, de dessiner (…) Et puis on retourne à la maison ; la télévision sera allumée et montrera les derniers affrontements en Palestine, les blessés et les enterrements du jour, la situation dans les hôpitaux de Bagdad. Les parents seront plus nerveux que jamais, étant donnée l’incertitude qui plane sur ce dont demain sera fait ; le père sera en train de se poser la question habituelle – où trouver du travail ? – et la mère essaiera de contenir les cris et les conflits entre les enfants. Et le jour commencera à baisser, et viendra l’obscurité qui ramènera le cortège des peurs. Pas moyen de rêver à ce que l’on fera ce fera ce week end ou pendant les prochaines vacances : on ne fera rien de plus ; il n’y a pas d’événement heureux à attendre, seulement à attendre de savoir qui sera le prochain sur la liste des morts. Heik, Heik, nehma maytin » (« de toute façon, nous sommes déjà morts » ) disent les enfants comme les adultes.

Top