Festival Ciné Junior : Édition 2014

Les discours des Classes Jury

Intégralité des textes rédigés et lus par les Classes Jurys lors de la Remise des Prix le jour de la Clôture du Festival :

Classe de 5e de M. Nicolas Rechner
Collège Adolphe Chérioux de Vitry-sur-Seine

" Bonjour mesdames et messieurs,
Nous sommes les élèves de 5ème D du collège Adolphe Chérioux. Comme dans tout festival, nous allons commencer par des remerciements : merci pour ses séances de cinéma, qui nous ont plu, merci de nous avoir acceptés en tant que Classe Jury, merci à notre cinéma partenaire : les 3 Cinés Robespierre à Vitry-sur-Seine, merci à Claudine de nous avoir accompagnés durant toutes ces séances et de nous avoir fait réfléchir à ces films et merci aux représentants des films qui se sont déplacés pour répondre à nos questions. Nous avons fait des débats sur chaque film, nous avons eu beaucoup d’hésitations, mais nous avons fini par trouver un vainqueur de la compétition long métrage.
Nos votes ont donné le podium suivant :
En troisième place : THE WEIGHT OF ELEPHANTS – "le poids des éléphants",
En deuxième place : LES JOURS D’AVANT,
Et pour finir, en première place… LA BELLE VIE. Nous nous sommes sentis concernés par son histoire et nous avons admiré le jeu des acteurs. Nous avons été touchés par le fait que cette histoire ait été inspirée par un fait divers réel. Nous félicitons tous les participants à tous les films et nous leur souhaitons de belle carrières et… la belle vie !

Classe de 4e de M. Stéphane Mouette
Collège Henri Rol-Tanguy de Champigny-sur-Marne

" Nous remercions le Festival Ciné Junior de nous avoir invités en tant que classe jury. Nous avons vu 7 films intéressants. Les débats ont été longs, compliqués et houleux. Nous avons choisi le film THE WEIGHT OF ELEPHANTS de Daniel Joseph Borgman. Nous avons été impressionnés par la qualité des jeunes acteurs. Nous avons particulièrement apprécié la construction de l’histoire, le caractère délibérément énigmatique dès le début du film. Nous avons aimé les qualités esthétiques des plans, comme les décorations de cristal dans l’arbre. La scène du départ de l’oncle Rory est très émouvante car elle est filmée comme un enlèvement. L’ambiance du film est pesante, comme pour justifier le titre, mais il y a des moments de joie qui éclairent cette vie dramatique. L’histoire est très dure, mais la fin ouverte est optimiste. "

Classe de 3e de M. Laurent Bellamy
Collège Paul Klee de Thiais

" Tout au long de ces 10 jours de Festival, nous avons pu voir 7 films venus d’horizons très différents : 5 films de fiction et 2 films d’animation qui nous ont fait voyager dans le monde entier, découvrir différents pays, différentes cultures… Chacun de ces films nous a plongés dans un univers particulier, exigeant de notre part beaucoup d’attention, de concentration et d’énergie afin d’en comprendre le sens. Pendant ces 10 jours, nous avons partagé nos impressions, nos émotions et nos points de vue sur les films. Et si le fait d’exprimer notre ressenti juste après la projection a été parfois difficile, nous sommes conscients du chemin parcouru et des enseignements que nous y avons reçus.
Nous avons eu la chance de communiquer avec deux réalisateurs, Karim Moussaoui et Jean Denizot, et ces rencontres nous ont permis de mieux comprendre leurs projets cinématographiques. Au nom de la classe, nous sommes très heureux et reconnaissants envers les organisateurs du Festival Ciné Junior de nous avoir invités à voir tous ces films qui nous ont fait beaucoup de bien. C’est le lieu de remercier en particulier Marie Diagne, notre intervenante, qui nous a accompagnés à ces séances et guidés dans notre travail de Classe Jury, en se montrant toujours attentive et déterminée à nous transmettre certains aspects du cinéma dont nous avons besoin pour une meilleure appréciation des œuvres.
Pendant le festival, nous avons vu 7 films très différents qu’un même motif semble cependant unir : celui de la difficulté pour un enfant ou un adolescent à tisser des liens avec ses parents ou avec ses semblables.
Dans THE WEIGHT OF ELEPHANTS, Adrian, qui a perdu tout lien avec sa mère et qui ne peut se raccrocher à sa grand-mère bien trop sévère, tente de se rapprocher de son oncle Rory sans y parvenir. Dans TALEA, Jasmin, qui vit dans une famille d’accueil, n’a qu’une seule idée en tête : renouer des liens exclusifs avec sa mère. PETIT FRERE nous fait voir la vie d’un jeune garçon sans parents qui doit survivre seul dans un monde où les adultes profitent de sa situation. Le film ANINA nous présente les difficultés que rencontre une fille palindrome pour se faire accepter de ses camarades d’école. Dans LILLA ANNA ET SON GRAND ONCLE, la petite fille va non pas se rapprocher de ses parents mais de son oncle qui devient un parfait compagnon de jeu. Comme dans PETIT FRERE, l’enfant se retrouve à une place d’adulte tandis que l’adulte se comporte comme un enfant. LES JOURS D’AVANT nous parle quant à lui de la difficulté en Algérie pour les garçons et les filles à créer du lien entre eux alors que le pays plonge dans la guerre civile et que la population est prise entre deux feux. Enfin, LA BELLE VIE, qui est centré à son tour sur l’amour filial, est un film tiré d’un fait divers où le père vit clandestinement avec ses deux enfants après avoir brutalement rompu le lien maternel. Parmi ces 7 films, deux films ont particulièrement retenu notre attention : LES JOURS D’AVANT de Karim Moussaoui et LA BELLE VIE de Jean Denizot.
Deux films inspirés de faits réels : la guerre civile de 1994 en Algérie pour LES JOURS D’AVANT et l’affaire Fortin en 2009 pour LA BELLE VIE. Deux films tournés dans les lieux où les réalisateurs ont vécu enfants : la cité de Sidi Moussa de Karim Moussaoui et le Cher et les bords de Loire de Jean Denizot. Deux films que nous avons dû départager lors d’une délibération qui a duré 3 heures. Et notre classe a finalement choisi de distinguer : LES JOURS D’AVANT de Karim Moussaoui.
Si nous avons finalement choisi de distinguer ce film, c’est surtout pour l’originalité de sa structure et la force de sa mise en scène. En effet, le film est construit en deux parties, chacune consacrée au point de vue d’un des deux personnages principaux. Tout d’abord, le point de vue de Djaber qui cherche à rencontrer Yamina puis le point de vue de Yamina qui revient sur les mêmes événements, qu’elle éclaire un peu différemment. Ce choix de composition nous semble bien exprimer la séparation entre les hommes et les femmes, qui est une idée forte du film. Les choix de mise en scène expriment aussi cette clôture entre filles et garçons comme dans la scène où Djaber discute avec Nour alors qu’un grillage les sépare et qu’ils paraissent prisonniers de cette situation. La voix off contribue à exprimer l’isolement des personnages comme si ces sentiments ne pouvaient être exprimés haut et fort. Karim Moussaoui nous fait aussi découvrir la guerre civile de l’intérieur, telle qu’elle a pu être vécue par les habitants d’Alger. A ce titre, la scène de l’assassinat sur le parking est tournée de telle sorte que l’on a l’impression que ce qui se passe est une chose banale, ce qui la rend d’autant plus terrible. Les habitants ferment les volets quand les policiers inspectent la scène du crime, la mère de Djaber rabat les rideaux... Ce film, court dans sa longueur, est d’une grande densité. "

Classe de 4e de Mmes Béatrice Hazan et Muriel Billot
Collège Albert Camus de Thiais

" Les élèves de 4e2 du collège Albert-Camus de Thiais décernent leur prix à Jean Denizot pour son film LA BELLE VIE. Ce film, inspiré d’un fait divers, nous a captivés car son réalisateur a réussi à en faire un passionnant récit d’aventures plein d’émotions. On peut facilement s’identifier à ces deux adolescents, Sylvain et son frère aîné Pierre, bien qu’ils vivent dans des conditions particulières, coupés du monde, seuls avec leur père qui les a soustraits à leur mère suite à son divorce. Ces jeunes sont attachants ; on voit qu’une grande complicité les unit à leur père. Dans la clandestinité où celui-ci les contraints à vivre, l’amour paternel les aide à supporter l’absence de leur mère. Le soutien de Sylvain à son père montre l’amour qu’il lui porte malgré la tristesse qu’il éprouve d’être séparé de sa mère. La rencontre avec Gilda, jeune fille d’un autre milieu que le sien, lui fait découvrir le monde féminin, l’amitié et l’amour. La vie que mène Sylvain ne l’a pas préparé au monde extérieur, elle l’a empêché d’apprendre ou de découvrir les choses de son âge. Comme lorsqu’il refuse de monter dans l’hélicoptère du père de Gilda ou qu’il n’ose pas entrer dans le café pour rejoindre Gilda. Sylvain fait le choix, à la fin, de quitter, à son tour, son père pour prendre son envol. On a assisté au parcours de cet adolescent qui a grandi et se sent prêt à vivre sans se cacher.
« La Belle Vie » est-ce celle qu’impose ce père à ses deux fils en vivant en nomade clandestin au contact de la nature, ou celle que choisit Pierre en devenant cuisinier, ou encore celle de leur mère qui s’est installée dans la ville d’Orléans ? Ce film nous amène aussi à se poser cette question. Nous remercions Jean Denizot pour ce splendide film émouvant et drôle à la fois. Il ne s’attarde pas sur les détails comme les raisons de l’enlèvement, cela ne gêne pas car nous comprenons rapidement l’histoire. Et avec cette fin en suspens, il nous laisse imaginer la suite de l’histoire. Nous félicitons Jean Denizot et lui décernons notre prix pour que son film puisse être vu par de très nombreux spectateurs jeunes et moins jeunes. Merci à Cinéma Public, et à Anne-Sophie qui est venue dans la classe nous présenter le festival. Pendant une semaine, nous avons vu des films qui nous ont plu, émus, passionnés, étonnés, questionnés, et ouverts sur un cinéma que nous ne connaissions pas. Merci. "

Classe de 4e de Mmes Awa Diarra et Catherine Kastler
Collège Jules Ferry de Villeneuve-le-Roi

" C’est un honneur et un privilège pour la classe de 4B du Collège Jules Ferry d’avoir participé à la 24e édition du Festival Ciné Junior. En premier lieu nous voulons remercier les organisateurs de Ciné Junior et de Collège au Cinéma. Nous voulons aussi remercier les réalisateurs qui sont venus nous présenter leur film et qui ont bien voulu répondre à nos questions. Nous avons été heureux de pouvoir visionner tous ces films et après de longues hésitations et des débats fort intéressants, nous avons décidé de récompenser le film LA BELLE VIE.
Pourquoi avons-nous primé ce film ? C’est un film tiré d’une histoire vraie et nous avons été touchés par son réalisme. Nous avons trouvé l’histoire touchante et noud avons pu s’identifier à certains personnages. Nous avons tout particulièrement apprécié la beauté des plans des paysages de la Loire et des Pyrénées. Nous avons bien aimé la précision du jeu des acteurs, la finesse de leurs regards et de leurs attitudes. La musique de western qui accompagnait certaines scènes et certains paysages nous a fait voyager. Même si notre choix s’est tourné vers LA BELLE VIE, nous voulons souligner que les autres films étaient aussi pleins de qualités et donc nous les félicitons également. Nous leur souhaitons une belle réussite et beaucoup de succès ! "

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