Festival Ciné Junior : Édition 2003
de Kwan Park

Fiction / Corée du Sud / 2002 / 95 min / VOSTF
Titre original : Hi, Dharma !

Après un règlement de compte entre gangs, Jae-gyu et ses hommes sont en cavale. Leur fuite les mène par hasard aux portes d’un temple Bouddhiste. Le monastère pourrait être une cache idéale si les moines qui y vivent ne tenaient pas tant à leur tranquillité. Pour rester, les mauvais garçons devront accepter d’autres lois que celles de la force... Un film tout en finesse qui travaille les contraires et les oppositions : des petits gangsters débarquent dans un monastère. Que peuvent avoir en commun, ces voyous, garçons des villes, qui savent à peine lire et écrire et ces moines experts en beaucoup de choses de la vie intérieure ? A première vue, rien sans doute. Ces petits truands, hommes de main, obéissent à leur "chef". Les moines obéissent à leur Maître. Ces organisations si opposées dans leur but fonctionnent bel et bien en hiérarchie et en soumission à des règles.
Les plans-séquences traduisent souvent l’évolution des situations de tous les personnages. Le regard des uns se pose sur les agissements des autres. Le paysage grandiose apaise les querelles, les pierres et la forêt deviennent témoin muets de leurs promenades et de leurs combats. Le devenir humain de chacun est en bonne voie. Tolérance, acceptation de l’autre. Hi, Dharma est un peu un film de Kung-fu, un peu un film sur les expériences de jeunes élevés à la rude école de la rue, dans l’absence d’une véritable instruction.
D’une certaine manière, c’est un film d’éducation sentimentale de la vie "entre hommes". Chaque petit gangster trouve son équivalent "apparent" auprès des moines. La caméra de Kwan Park aime survoler ces humains en déroute, plonge souvent sur eux comme un oiseau de proie, mais elle aime aussi les capter amoureusement de face, s’installer et nous obliger à fixer nos yeux sur eux, à hauteur de tatami, comme savaient si bien le faire les maîtres du cinéma japonais. Une réussite artistique.

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