Festival Ciné Junior : Édition 2016

Discours des classes jury

Intégralité des textes rédigés et lus par les Classes Jurys lors de la Remise des Prix le jour de la Clôture du Festival au Perreux-sur-Marne :

Classe de 3e de M. Stéphane Mouette
Collège Henri Rol-Tanguy de Champigny-sur-Marne

JPEG « Bonjour à tous,
Nous sommes ici afin de représenter le choix de la classe de 3e option cinéma du Collège Henri Rol-Tanguy de Champigny-sur-Marne. Dans le cadre de ce festival, nous avons été contraints de choisir un seul film parmi les sept que nous avons pu visionner. Nous sommes, après un long débat, arrivés à un consensus, c’est donc le film THEEB que nous avons choisi, film de Naji Abu Nowar. Les raisons qui nous ont poussées à ce choix sont les suivantes :
Tout d’abord, nous avons pu constater l’excellente qualité de la photographie, associée à des cadres désertiques magnifiques.
Au niveau de l’histoire, le fait de suivre un enfant au milieu de la guerre nous a donné les mêmes sentiments d’incompréhension et d’ignorance face au contexte historique.
Les codes du western utilisés habituellement dans le milieu occidental sont très bien exploités dans ce film se passant pourtant en Orient.
On a aimé l’inversion culturelle : effectivement, l’Anglais se retrouve ici étranger, le personnage de l’Anglais rappelle bien évidemment le classique LAWRENCE D’ARABIE.
Une sorte de compassion se ressent également envers le peuple bédouin, malheureusement amené à disparaître, avalé par la modernisation représentée tout le long du film par le train. Theeb rentrant seul chez lui s’apparenterait donc au dernier bédouin.
Maintenant que nous vous avons exposé les raisons pour lesquelles notre choix s’est porté sur le film THEEB, nous aimerions remercier les personnes qui nous ont donné la possibilité de participer au festival. Nous remercions et félicitons bien évidemment les personnes qui ont travaillé sur le film THEEB. Bravo pour le merveilleux film que vous offrez au public. »

Classe de 4e de Mmes Awa Diarra et Florence Pauc
Collège Jules Ferry de Villeneuve-le-Roi

JPEG « Nous tenons à remercier les personnes ayant participé à cette édition du Festival Ciné Junior. La sélection des films a été de grande qualité. Nous avons beaucoup aimé la diversité des films avec plusieurs langues, de plusieurs cultures et on a réalisé qu’avec des films non doublés, on sent mieux les émotions des personnages. La diversité des histoires nous a plu. C’est une fenêtre ouverte sur des cultures différentes. On a aussi adoré rencontrer des professionnels différents : un réalisateur, un acteur, une productrice, un scénariste… Le choix a été très difficile, mais nous avons réussi à nous mettre d’accord !
Nous tenons à récompenser le film LE GÉANT ENDORMI pour plusieurs raisons :
- Il y avait de fortes émotions : lors de la mort de Nate, on a ressenti une grande perte. Nous avons apprécié la manière dont le réalisateur a représenté la montagne, filmée en contre-plongée. Cela donnait une impression de grandeur et de puissance.
- Le saut de la falaise était impressionnant et nous a fait peur grâce à l’utilisation de la caméra subjective. On a pensé à la mort. On était conscient du danger, de la hauteur. Ça nous a donné le vertige. On s’est rendu compte du vide grâce à l’utilisation de la caméra en plongée.
- On a été touché par la beauté et la réalité des décors.
- Nous avons aussi apprécié l’humour du film : par exemple, quand ils sont allés voler la bière ou quand Nate est tombé du buggy. Les personnages sont marrants ! Ils sont proches de nous.
- Nous avons été touchés par la véracité du récit. Ce sont des choses qui peuvent arriver à tout le monde ; ce sont, en plus, des personnages de notre âge, on a pu s’identifier à eux.
- Il y a aussi le fait que la réalité prenait sa part dans la construction du film parce que nous avons appris que Nate et Riley étaient cousins dans la vraie vie et que c’était leur vraie grand-mère.
- Enfin, les acteurs ont eu carte blanche. Ils ont bien improvisé et ont pu être eux-mêmes. Du coup, on a pu s’identifier et on a bien aimé le réalisme des dialogues et des personnages.
Ce n’est pas parce qu’on a récompensé LE GÉANT ENDORMI que nous n’avons pas aimé les autres films.
Nous avons une mention spéciale pour L’ÉPOUVANTAIL qui est notre film préféré après LE GÉANT ENDORMI : nous l’avons trouvé très touchant, triste ; le réalisme de l’histoire nous a parlé ainsi que la qualité du jeu des acteurs et la morale selon laquelle on ne doit pas juger sans preuve.
De KEEPER, on retiendra la force du scénario, l’émotion d’un garçon qui hésite entre une vie riche de footballeur et sa paternité.
De BANANA, on gardera en mémoire l’humour, la force du personnage, son énergie ainsi que la morale de l’histoire : tout le monde n’est pas nul.
Pour RITA ET LE CROCODILE, on a trouvé que c’était adapté à des enfants de trois ans qui pouvaient s’identifier à Rita, à ses envies ou à ses peurs ; même si c’est un dessin animé, il y a un message derrière, on a apprécié la curiosité du personnage.
Dans HANA ET ALICE MÈNENT L’ENQUÊTE, nous avons aimé la qualité des dessins, la beauté et la force de l’amitié entre deux jeunes filles.
THEEB nous a beaucoup touché, nous avons apprécié les valeurs humanistes portées par la phrase du père, la beauté des plans et des paysages, la rencontre avec la culture bédouine, la belle complicité entre Theeb et son frère, Hussein, ainsi que la force du personnage et son évolution pendant le film.
Nous terminerons en remerciant les organisateurs du festival. Cette semaine a été très enrichissante et cela a été une chance pour nous d’être classe jury. »

Classe de 3e de M. Laurent Bellamy et Mme Christine Motte
Collège Paul Klee de Thiais

JPEG « Nous sommes les élèves de 3e 4 du collège Paul Klee de Thiais et nous sommes en deuxième année d’option cinéma. Cette année nous sommes très heureux d’avoir été choisis pour être classe jury au Festival Ciné Junior en Val-de-Marne. Nous adressons tout d’abord un grand merci à toute l’équipe du festival pour son invitation, son accueil et la qualité des films qu’elle a sélectionnés. Durant une semaine, nous avons visionné sept films : cinq films de fiction et deux films d’animation.
Pour nous aider dans notre travail de classe jury, nous avons eu la chance d’échanger avec un critique de cinéma, Arnaud Hée. Notre intervenant nous a guidés dans nos réflexions et nos interventions avant et après la projection des premiers films, ce qui nous a permis d’acquérir une autonomie dans la réception et l’analyse des derniers films. Nous le remercions vivement pour son aide.
Nous tenons aussi à remercier nos deux professeurs, Laurent Bellamy et Christine Motte, qui ont permis, lors de la délibération, que le film distingué soit le film désigné par l’ensemble des élèves.
Au cours du festival, nous avons aussi eu la chance de rencontrer des professionnels du cinéma qui sont venus nous parler de leurs films et de leur travail. Nous souhaitons ici remercier Andrea Jublin, le réalisateur de BANANA, qui interprète aussi l’un des personnages de son film ; Diala Raie, la productrice de THEEB ; David Lambert, le scénariste de KEEPER ; Nick Serino, l’un des acteurs principaux du GÉANT ENDORMI.
Pendant cette semaine riche en émotions, nous avons eu le plaisir de découvrir sept films de cultures et d’origines très différentes, mais pour lesquels nous avons décelé un motif commun, celui du parcours initiatique.
En effet, dans chacun des films, le spectateur peut suivre l’évolution d’un personnage qui fait un apprentissage. Cette initiation le conduit à se transformer, à mieux comprendre le monde, à mieux se connaître, positivement ou négativement.
Dans BANANA, un garçon passionné par le foot brésilien recherche l’amour là où il peut le trouver. Malgré une prof antipathique et méchante, une fille qui « vend son corps », des parents absents et une sœur aimante mais qui s’exile, Banana apprend beaucoup sur l’amour et se forge une éducation sentimentale.
Dans RITA ET LE CROCODILE, une petite fille de quatre ans apprend à pêcher, à ramasser des châtaignes et surtout à surmonter ses peurs en s’aidant de la compagnie de son ami imaginaire le crocodile.
Dans HANA ET ALICE MÈNENT L’ENQUÊTE, Alice va se rapprocher d’Hana, une jeune fille mystérieuse qu’elle va apprendre à connaître et qui va devenir sa meilleure amie.
Dans L’ÉPOUVANTAIL, Popoy, un petit garçon accusé de vol et confronté à l’injustice, va prendre conscience avec sa mère des inégalités.
Dans THEEB, un jeune garçon de dix ans se retrouve propulsé dans une vie d’adulte après la mort de son frère. Sans ce dernier qui lui a appris à puiser de l’eau, à tuer un mouton, à manier une arme à feu, Theeb doit se débrouiller seul dans un environnement aride et hostile.
Dans KEEPER, Mélanie et Maxime, 15 ans, sont projetés dans des réflexions d’adultes à la suite de la grossesse de Mélanie. Ils prennent progressivement conscience de cette responsabilité. Ils perdent l’insouciance de l’enfance et deviennent beaucoup plus matures.
Dans LE GÉANT ENDORMI, Adam, un adolescent sans problèmes, apprend beaucoup au cours de ses vacances auprès de Ryley et Nate, deux voisins qui mènent une vie de délinquants. Avec eux, il transgresse les interdits et surmonte ses peurs, en particulier lorsqu’il saute d’une falaise de dix mètres. Surtout, il découvre le sentiment de culpabilité après son mensonge qui conduit à la mort de Nate.
Bien que nous ayons apprécié ces sept films, deux d’entre eux ont particulièrement retenu notre attention lors de la délibération. Ces deux films sont THEEB et L’ÉPOUVANTAIL.
Les deux films montrent le parcours initiatique de deux enfants, tous deux vivant dans un pays pauvre : Popoy aux Philippines, Theeb en Jordanie. Si le premier est confronté à une injustice et le second livré à lui-même, tous deux sont plongés dans la vie adulte beaucoup trop tôt.
Ces deux longs métrages nous ont vraiment fait voyager dans le lieu où se déroule l’histoire d’une part grâce aux décors naturels (des paysages magnifiques), d’autre part grâce au choix de tourner avec des acteurs locaux non professionnels qui nous montrent les habitants dans leur milieu naturel comme le font les documentaires.
Enfin, on remarque des choix différents d’un film à l’autre. Dans THEEB, le réalisateur nous place exclusivement dans le point de vue du personnage principal – ce qui nous le rend très proche – alors que dans L’ÉPOUVANTAIL, nous sommes en présence de différents points de vue, notamment celui de Belyn, la mère de Popoy.
Après un long débat pour départager les deux films, nous avons fait le choix d’attribuer le prix de notre classe au film THEEB de Naji Abu Nawar. Selon nous, THEEB se distingue par de nombreuses qualités.
Tout d’abord, nous avons été charmés par la beauté des paysages jordaniens : au cours du film nous traversons différents paysages désertiques qui offrent un décor spectaculaire, lieu de tous les dangers.
Ensuite, nous avons été touchés par l’authenticité des personnages qui ne sont ici pas incarnés par des acteurs professionnels mais par de vrais habitants du désert, qui nous transmettent leur culture et nous permettent de rentrer dans leur intimité, en s’exprimant dans leur propre langue, en nous faisant découvrir leur mode de vie et en nous faisant partager leur quotidien.
La relation entre Theeb et son frère nous a procuré beaucoup d’émotion. Ushain est tout ce qui reste à Theeb, qui a perdu son père. Theeb prend son frère comme un exemple. Ce grand frère lui apprend des choses essentielles pour survivre : comment manier une arme à feu, puiser de l’eau, tuer un animal. Ainsi, la scène où Theeb enterre son frère est un moment particulièrement poignant, qui a d’ailleurs fait pleurer certains d’entre nous. C’est aussi une scène très importante qui marque un nouveau tournant dans l’histoire. Theeb se retrouve alors projeté dans le monde des adultes, livré à lui-même : il va devoir mettre en pratique ce que lui a appris son frère.
Nous avons remarqué l’importance des vingt premières minutes du film qui nous ont permis de nous plonger dans le quotidien des Bédouins. Ces premières minutes se passent très lentement, ce qui permet de temporiser avant l’enchaînement des complications qui vont s’abattre sur Theeb. Ces complications sont dues à l’élément perturbateur, le soldat anglais, qui représente la guerre et qui vient bousculer le quotidien de cette population. La seconde partie du film, plus mouvementée, présente alors des allures de western qui nous ont tenues en haleine.
Pour conclure, nous avons été plongés dans un récit d’aventure plein de suspense, notamment lors des scènes nocturnes, ce qui nous a beaucoup plu. »

Classe de 4e de M. Stéphane Mouette
Collège Henri Rol-Tanguy de Champigny-sur-Marne

JPEG « Bonjour à tous,
Nous sommes la 4e C du Collège Henri Rol-Tanguy de Champigny-sur-Marne. Le choix a été très difficile et nous avons longuement hésité entre deux films : THEEB et LE GÉANT ENDORMI. Nous avons choisi de donner le Prix du meilleur film à Andrew Cividino pour son film LE GÉANT ENDORMI. Ce film a été choisi en raison de ses qualités cinématographiques et scénaristiques. C’est un film en apparence simple qui reflète bien le monde de l’adolescence. Il est adapté et nous pouvons principalement nous identifier aux personnages. En effet, le jeu des acteurs est naturel et donne aux situations une impression de réalisme. Cette sensation est accentuée par les nombreux moments d’improvisation. Ce film peut plaire à tous les publics car il y a à la fois de l’humour, de l’aventure et de la tristesse. Le paysage ajoute une sensation de liberté qui nous permet de rentrer dans le film.
Nous remercions Andrew Cividino et son équipe pour avoir su nous faire partager leur expérience et toute l’équipe de Ciné Junior qui nous a permis de voir sept très bons films. »

JPEG Classe de 3e de M. Tigrane Davin
Collège Jean Macé de Fontenay-sous-Bois

« Bonjour Mesdames, Messieurs,
Nous sommes la classe de 3e 3 du Collège Jean Macé de Fontenay-sous-Bois et nous sommes ravis d’avoir fait partie des classes jury du Festival Ciné Junior.
Nous avons vu des films très intéressants qui viennent d’autres pays et nous avons eu la chance de les voir en avant-première. Nous avons apprécié leur diversité et nous les avons tous aimés, mais il a fallu faire un choix. La délibération a été rude et compliquée. Nous avons hésité entre trois films: L’ÉPOUVANTAIL, LE GÉANT ENDORMI et THEEB.
L’ÉPOUVANTAIL nous a émus, nous avons voyagé aux Philippines avec Popoy dans ces magnifiques paysages et nous avons découvert une autre culture. Nous avons été sensibles à l’injustice, à la pauvreté et aux inégalités entre les classes sociales.
Pour , LE GÉANT ENDORMI, nous nous sommes identifiés aux personnages et à la réalité qui se dégageait d’eux. Les paysages nous ont également fascinés.
Après une longue délibération, notre préférence s’est tournée vers THEEB. Nous avons été touchés par ce petit garçon seul face à la vie et à la Première Guerre Mondiale. Nous avons été ébahis par les paysages des déserts dont la beauté nous a coupé le souffle. Nous avons vécu avec lui ses difficultés à survivre, ses péripéties et les souffrances qu’il a endurées notamment à la mort de son frère.
C’était une très belle expérience qui nous a permis de partager nos émotions. Nous remercions notre professeur, Anne-Laure du cinéma Le Kosmos et Pascale qui nous a accompagnés, ainsi que le Festival Ciné Junior. »

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