Festival Ciné Junior : Édition 2004
de Alejandro Agresti

Fiction / Argentine, Pays-Bas, France / 2002 / 80 min / VOSTF

Argentine, fin des années 1960. Valentin, huit ans, n’a pas sa langue dans sa poche. Sa mère est partie depuis longtemps et son père est toujours absent, absorbé par son travail ou par ses conquêtes féminines. Valentin vit donc chez sa grand-mère, une vieille femme ronchon qui ne s’est pas remise du décès de son mari. S’il subit le poids d’un quotidien pas franchement rose, Valentin s’évade en rêvant de devenir astronaute. Il trouve également du réconfort auprès de Rufo, un adulte qui a conservé une âme enfantine — et de Leticia, la nouvelle fiancée de son père. Alors, au gré des événements, Valentin construit son propre monde, tout en restant ouvert aux autres.
La question du regard est au centre du film. C’est d’autant plus manifeste que la vue de Valentin n’est pas à cent pour cent et qu’il louche un peu. Sans doute à cause de ce défaut physique, il n’a de cesse de regarder les choses en face, de voir ce que souhaitent lui dissimuler les adultes, d’en prendre conscience devenant alors pleinement acteur de sa vie. Régulièrement plus mature que les adultes, Valentin est en fait un personnage du lien, passeur entre le monde de l’enfance et celui des adultes, entre une époque révolue, un présent peu reluisant et un futur souhaité ouvert dans lequel il trouve des lueurs d’espoir.

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