Histoire

CINÉMA ET SPORT ?



Les représentations du sport ont évolué avec les époques mais sont restées présentes sur nos écrans : filmer les corps qui bougent, la tension des compétitions, l’intensité des entraînements… Au fil des années, le cinéma a par exemple connu des films sur l’athlétisme (Les Dieux du stade, Leni Riefenstahl, 1938), le basket (Space Jam, Joe Pytka, 1996), le catch (The Wrestler, Darren Aronofsky, 2009) ou le sport automobile (F1, Joseph Kosinski, 2025). Avec les époques, ce n’était cependant pas toujours la même manière de faire…

L’HISTOIRE DU SPORT AU CINÉMA

 

Le cinéma étant un art du mouvement, il n’est pas étonnant qu’il ait vite cherché à capturer les pratiques sportives. Dès les années 1920, les caméras zooment sur le sport avec notamment Harold Lloyd qui s’essaie au football américain dans Vive le sport ! (1925) ou Buster Keaton qui passe par l’athlétisme, le baseball et l’aviron avec Sportif par amour (1927). Ils voient une opportunité de mettre en scène leur célèbre humour burlesque en multipliant les slapsticks, gags tournant autour de l’humour physique et de l’exagération, particulièrement adaptés au sujet.

 

Par la suite, les représentations du sport deviennent plus sérieuses, il y a une vocation à ntrer la beauté et la force du corps humain et à ettre en avant les nations qu’il représente – pour le meilleur ou pour le pire. L’exemple de Leni Riefensthal et ses films de propagande pour Berlin comme Les Dieux du stade et Jeunesse olympique dans les années 1940 a été un indicateur de cette volonté de montrer les sportif.ves comme surhumains. Ralentis, contre-plongées, travellings… À l’époque très novatrices, ces images sont aujourd’hui tristement célèbres pour la propagande qu’elles représentent.

 

Pour s’en éloigner, l’industrie du cinéma va plutôt prendre le parti de ne suivre qu’un.e seul.e sportif.ve à la fois et sa quête de succès. Ainsi, la narration prenant plus de place, cela permet d’introduire des revendications sociales. Par exemple, dans le film Rocky réalisé par John G. Avildsen (1976), un fond de crise urbaine est abordé au début de l’histoire. Le film incarne une idée de rêve américain où la persévérance amène au succès, et où le sport est résolument masculin. C’est une mentalité qui sera reprise tout au long des années 1980, le cinéma Hollywoodien appuyant cette volonté de montrer des histoires hors-normes et des corps toujours plus épatants, au détriment de représentations réalistes.

 

Plus récemment, nous avons toujours ces histoires de personnages passionnés et déterminés. Cependant, success story ou non, ces films mettent en avant des parcours plutôt que des résultats. Les réalisateur.ices recherchent des séquences au rythme immersif, une manière de mêler sport et narration. La place du film biographique est également importante : le cinéma devient alors l’endroit pour mettre en lumière la vie de véritables sportif.ves, comme l’a fait Angelina Jolie avec l’athlète américain Louis Zamperini dans son film Invincible en 2014. Le sport continue donc de prendre de la place sur les écrans mais les formes se réinventent. En 2024, Luca Guadagnino sort Challengers, preuve que le tennis peut faire naître des séquences rythmées tout en étant un support à des histoires plus personnelles, d’amour et de trahisons. Il semble donc qu’aujourd’hui, les pratiques sportives soient vectrices de nombreuses choses et qu’elles dépassent les disciplines en elles-mêmes.

 

LE SPORT CHEZ CINÉ JUNIOR

 

Avec le festival Ciné Junior, nous avons également eu l’occasion de montrer les pratiques sportives à l’écran au fil des années. Des blessures invisibles, des amitiés naissantes, des compétitions aux grands enjeux, mais aussi des balades pour le plaisir ; voici ce que vous avez pu retrouver dans nos propositions.

Pour finir, voici donc quelques idées de films à (re)voir, piochés dans notre catalogue, dans lesquels le sport a une place importante !

 

La Danse des renards, Valéry Carnoy (36ème édition de Ciné Junior)

Fantastique, Marjolijn Prins, 2025 (36ème édition de Ciné Junior)

Ollie, Antoine Bess, 2024 (35ème édition de Ciné Junior)

Samia, Yasemin Şamdereli, 2024 (35ème édition de Ciné Junior)

Je m’appelle Bagdad, Caru Alves de Souza (31ème édition de Ciné Junior)

 

Et si vous préférez les courts métrages…

 

Sunflower Girl, Holly M. Kaplan, 2023 (35ème édition de Ciné Junior)

Freeride in C, Edmunds Jansons, 2024 (35ème édition de Ciné Junior)

Papillon, Florence Miailhe, 2023 (35ème édition de Ciné Junior)

Le Chemin de la victoire, Clothile Zimille-Tran, 2022 (33ème édition de Ciné Junior)

 

À l’occasion des Olympiades Culturelles, un dispositif artistique et culturel déployé en amont des Jeux Olympiques, Cinéma Public Val-de-Marne a également fait dialoguer l’art et le sport pour les jeunes publics avec les programmes « Vive le sport ». Une sélection de films comme Mango de Trevor Hardy (2019) ou Sportif par amour de Buster Keaton (1927), pour citer des exemples de l’édition 2022, sont découverts par les spectateur.ices. Puis, ces dernier.es découvrent des ateliers qui permettent de se mouvoir tout en restant en lien avec le 7ème art : bruitage sportif, dribbler une scène de cinéma ou encore ballet à ski ! Une preuve que le cinéma aussi peut être très actif !

 

 

 

 

 

 

Fantastique, Marjolijn prins ©BAC Films