Histoire

La mode et le cinéma



La mode, une des plus puissantes industries au monde, est célébrée plusieurs fois par an dans de nombreux pays lors de la Fashion Week. En France, elle aura lieu la première semaine de mars, marquant l’importance de la haute couture à Paris. Nous avons donc profité de cette occasion pour mettre en lumière le rapport entre mode et cinéma. Parfois sous-estimée, leur relation a pourtant été fusionnelle depuis la naissance du 7ème art ! Qui n’a jamais vu un film et été jaloux.se d’une tenue portée par un personnage ?

LA MODE ET LE CINÉMA : UNE INFLUENCE MUTUELLE

 

Loin d’être seulement utilisée pour habiller ses acteur.ices, la mode au cinéma fait entièrement partie de la mise en scène : les vêtements en disent long sur le caractère et l’univers des personnages. Nous retenons surtout les impressionnantes robes à paillettes comme celle de Mia Farrow dans Gatsby le Magnifique (Baz Luhrmann, 2013) ou aux couleurs vives comme celles de Margot Robbie dans Babylon (Damien Chazelle, 2023) ou Maggie Cheung dans In the Mood for Love (Wong Kar-wai, 2000). Pourtant, la mode est tout aussi importante (et pas moins réfléchie) lorsqu’elle est plus désinvolte. Dans Do the Right Thing (Spike Lee, 1989), les habits colorés streetwear avec des slogans imprimés permettent de situer le statut des personnages immédiatement et de les intégrer aux rues de Brooklyn dans les années 80.

Ce même rôle est particulièrement important dans la science-fiction, un autre genre où la mode est plus présente que ce que l’on pourrait penser. Dans tous les plus grands films de science-fiction, les tenues portées par les personnages sont une entrée directe dans un autre univers, c’est le premier élément qui nous fait comprendre que nous sommes ailleurs. Les tenues en cuir de Matrix (Lana et Lilly Wachowski, 1999), les capes beiges de Dune (Dennis Villeneuve, 2021) ou même les combinaisons spatiales de 2001 : L’Odyssée de l’espace (Stanley Kubrick, 1968) ou Alien (Ridley Scott, 1979) sont des images qui marquent généralement l’esprit. Par ailleurs, c’est même Jean-Paul Gautier qui a créé plus de 1000 costumes pour Le Cinquième Élément (Luc Besson, 1997).

 

Aussi, s’il est vrai que la mode marque le cinéma, l’inverse est également fréquent. Le genre de la science-fiction en est justement un bon exemple. Les toges blanches de la princesse Leia de Star Wars (Georges Lucas, 1977) ont notamment été revisitées sur le tapis rouge, et l’esthétique dystopique et futuriste pousse, depuis des années, les créateurs de mode à puiser loin dans leur imagination.

Mais ce n’est pas tout : le cinéma a lancé des modes et des trends à toutes les époques. En 1983, une nouvelle manière de porter ses t-shirts apparaît quand Alex Owens laisse pendre le sien de son épaule dans Flashdance (Adiran Lyne). En 1986, Top Gun (Tony Scott) amène un nouveau regard sur les blousons et lunettes d’aviateur avec Tom Cruise. Ou encore, en 1995, le style vestimentaire des personnages dans Clueless (David Kitay) a lancé la mode des jupes et vestes en plaid.

 

Aujourd’hui, nous ressentons particulièrement cette tendance avec la figure de l’acteur.ice. Aux débuts du cinéma, elle était plutôt synonyme de luxe et élégance mais ce rôle a légèrement changé avec l’arrivée des réseaux sociaux. Les jeunes acteur.ices aujourd’hui ont des positions d’influenceurs : ils ne jouent plus seulement dans des films mais, souvent, aussi dans des publicités. Nous pourrions citer les partenariats de Zendaya avec Lancôme ou Robert Pattinson et Dior. Un autre exemple serait Margot Robbie et Jacob Elordi qui ont tourné une publicité pour Chanel N°5 dans laquelle nous retenons surtout la robe rouge de Margot Robbie. Étant réalisée par Luca Guiagnino (Call Me By Your Name, Challengers…), elle prouve une fois encore que le cinéma et la mode ont d’étroits liens. Ainsi, shootings photos et placements de produits pour des vêtements, sur les réseaux sociaux à l’occasion de la sortie d’un film, sont fréquents. Nous pouvons aussi noter que, sur les tapis rouges, une des premières questions posées aux acteur.ices concerne la marque de leur tenue.

 

Enfin, nous pouvons terminer en soulignant l’importance du métier de costumier.e. Dans Romeo + Juliet (1996) de Baz Luhrmann, le costume de Leonardo DiCaprio est fourni par Prada et le clan Capulet est habillé en Dolce & Gabbana. Pourtant, ces choix viennent bien de la costumière Kym Barrett, qui a également choisi les mémorables chemises hawaïennes, les blousons en cuir et les robes de bal. Pour Black Swan (Darren Aronofsky, 2010), il n’est pas possible de mentionner la collaboration de la marque Rodarte sans souligner que la plupart des tenues du film sont l’œuvre de la costumière Amy Westcott. Pour tous les films que nous avons cités, une ou plusieurs personnes s’est chargée des choix stylistiques qui font d’eux des œuvres si marquantes.

 

Ainsi, mode et cinéma travaillent ensemble depuis toujours et si vous avez déjà admiré un costume dans un film, le choix d’un.e costumier.e est derrière (régulièrement accompagné d’une marque) !

 

 

 

 

 

 

© In the Mood for Love de Wong Kar-wai (1998), Block 2 Pictures, Paradis Films